Calcul de l’indemnité de rupture conventionnelle
Estimez le plancher brut d’une rupture conventionnelle individuelle d’un CDI privé. Le calcul retient le salaire de référence le plus favorable, prorate les mois complets d’ancienneté et compare le minimum légal au minimum conventionnel saisi et au montant négocié.
Rémunération de référence
Si l’ancienneté est inférieure à 12 mois, utilisez la moyenne de tous les mois travaillés.
Une prime annuelle ne doit pas être intégrée entièrement aux trois mois : ajoutez seulement sa quote-part correspondant à la période.
Ancienneté et minima
Laissez 0 si vous ne le connaissez pas ; vérifiez l’IDCC de votre convention.
Facultatif. Le résultat indique s’il atteint le plancher saisi.
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Quel est le minimum d’une rupture conventionnelle ?
Une rupture conventionnelle individuelle permet à l’employeur et au salarié en CDI de convenir ensemble de la fin du contrat. La convention doit prévoir une indemnité spécifique. Service Public indique qu’elle ne peut pas être inférieure à l’indemnité légale de licenciement ou à l’indemnité conventionnelle applicable lorsqu’elle est plus favorable.
Le plancher légal se calcule avec un quart de mois de salaire de référence par année d’ancienneté jusqu’à dix ans, puis un tiers de mois par année au-delà. Les mois complets d’une année incomplète sont proratisés. Avec 12 ans et 6 mois, on obtient donc 10 × 1/4 + 2,5 × 1/3 mois de salaire, soit 3,3333 mois environ.
Ce minimum n’est pas un plafond. Les parties peuvent négocier davantage en tenant compte du contexte, des perspectives de retour à l’emploi, d’une clause de non-concurrence, d’un différend ou d’autres éléments. La page compare le projet au plancher, sans recommander une stratégie de négociation.
Comment choisir le salaire de référence
La formule la plus avantageuse doit être retenue entre la moyenne mensuelle des douze derniers mois et celle des trois derniers mois. Dans la moyenne sur trois mois, les primes et gratifications exceptionnelles ou annuelles sont prises en compte proportionnellement. Une prime annuelle de 1 200 € ajoute en principe 100 € par mois de référence, non 400 € sur chacun des trois mois.
Si le salarié compte moins de douze mois d’ancienneté, la moyenne de tous les mois travaillés est comparée à celle des trois derniers mois. En cas d’arrêt maladie récent, Service Public précise que la référence est recherchée dans les mois précédant l’arrêt. Un passage à temps partiel, un congé parental ou une rémunération variable peut nécessiter une analyse plus précise.
Le formulaire demande directement les deux moyennes pour rendre le choix visible. Il ne reconstitue pas les rémunérations ligne par ligne et ne sait pas si une prime doit être incluse. Vérifiez les bulletins, le contrat, les accords et le formulaire TéléRC.
Calculer correctement l’ancienneté
L’ancienneté se mesure jusqu’à la date effective de rupture indiquée dans la convention, pas jusqu’au premier entretien ni à la signature. Le contrat continue pendant la procédure. Une suspension ne décale pas automatiquement la date de fin, mais certaines périodes sont prises en compte ou non dans l’ancienneté selon leur nature.
Le module accepte des années complètes et des mois complets supplémentaires. Il refuse douze mois ou plus dans le second champ pour éviter un double comptage. Les jours restants ne sont pas intégrés dans ce calcul simplifié. Le formulaire officiel demande lui aussi l’ancienneté en années et mois à la date envisagée.
Des contrats antérieurs, une reprise d’ancienneté, un transfert d’entreprise, un contrat temporaire suivi d’une embauche ou des absences peuvent modifier la date reconnue. Ne déduisez pas automatiquement toutes les interruptions : vérifiez la règle applicable.
Comparer légal, conventionnel et négocié
Minimum légal
Résultat de la formule 1/4 puis 1/3 avec le salaire de référence le plus favorable et l’ancienneté saisie.
Minimum conventionnel
Montant obtenu avec la convention collective, le contrat ou un usage plus favorable. Il doit être recherché séparément.
Montant négocié
Somme convenue entre les parties. Elle doit au moins atteindre le minimum le plus favorable et peut le dépasser.
La convention collective peut employer un salaire de référence, des tranches d’ancienneté ou des coefficients différents. Saisissez son résultat final dans le champ prévu, plutôt que de tenter de convertir la formule légale. Si le montant conventionnel est supérieur, il devient le plancher affiché.
Le montant négocié ne comprend pas automatiquement le salaire du dernier mois, l’indemnité compensatrice de congés payés, une prime due, l’intéressement, la participation ou la contrepartie d’une clause. Ces éléments doivent être présentés séparément dans le solde de tout compte.
Exemple détaillé de calcul
Un salarié perçoit en moyenne 3 000 € bruts sur les douze derniers mois, mais 3 200 € sur les trois derniers mois après proratisation des primes. Le calcul retient 3 200 €, car cette base est plus favorable. Pour 12 ans et 6 mois d’ancienneté, les dix premières années représentent 3 200 × 10 × 1/4, soit 8 000 €. Les deux années et six mois suivantes représentent 3 200 × 2,5 × 1/3, soit 2 666,67 €. Le minimum légal estimé atteint donc 10 666,67 € bruts.
Supposons ensuite que la convention collective donne un minimum de 11 200 €. Ce montant remplace le minimum légal comme plancher. Une proposition de 12 000 € le dépasse de 800 €, tandis qu’une proposition de 10 900 € reste inférieure de 300 €. La comparaison ne dit pas si la proposition est globalement avantageuse : elle vérifie seulement le seuil minimal à partir des données saisies.
Avant de signer, rapprochez le résultat du projet de convention, du bulletin récapitulatif préparé par la paie et de la version applicable de la convention collective. Contrôlez aussi la date d’ancienneté, les primes proratisées et les éléments versés séparément. Une erreur de 100 € sur le salaire de référence produit déjà un écart de 333,33 € pour 12 ans et 6 mois d’ancienneté. Conservez les hypothèses utilisées afin que l’employeur, le salarié ou le conseil puisse reproduire le calcul.
Procédure et calendrier de la rupture
- Un ou plusieurs entretiens permettent de discuter de la date, du montant et des conditions. Chaque partie peut se faire assister dans les conditions prévues.
- La convention est signée avec un exemplaire remis au salarié. Elle mentionne notamment le montant et la date de fin envisagée.
- Un délai de rétractation de 15 jours calendaires court à compter du lendemain de la signature. Chaque partie peut se rétracter sans motiver sa décision.
- La demande d’homologation est transmise à l’administration, qui dispose d’un délai d’instruction en jours ouvrables. L’absence de réponse à l’issue du délai vaut homologation dans le cas général.
- La fin du contrat ne peut intervenir avant le lendemain de l’homologation. Il n’existe pas de préavis légal de rupture conventionnelle, mais le contrat reste exécuté jusqu’à la date convenue.
Le calcul du montant ne valide pas la procédure ni le consentement. Une rupture imposée, frauduleuse ou conclue dans un contexte de harcèlement peut être contestée. Demandez un conseil adapté avant signature si les conditions sont litigieuses.
Traitement social en 2026 et chômage
Depuis janvier 2026, la contribution patronale spécifique sur la part de l’indemnité exclue des cotisations passe à 40 %. Cette contribution est à la charge de l’employeur et ne doit pas être simplement soustraite du plancher brut du salarié. Les règles d’exonération de cotisations et de CSG-CRDS comportent des plafonds liés notamment au Pass et au montant versé.
Une rupture conventionnelle homologuée peut ouvrir droit à l’ARE si les autres conditions sont remplies. Une indemnité supérieure au minimum légal peut toutefois créer un différé spécifique d’indemnisation, auquel s’ajoutent d’autres délais. La page ne calcule pas la date de début des allocations.
Le régime fiscal et social peut évoluer et dépendre d’un éventuel droit à retraite, du cumul avec un mandat et de la ventilation des sommes. Demandez un chiffrage de paie écrit pour connaître le net, le coût employeur et les incidences France Travail.
Questions fréquentes sur l’indemnité de rupture conventionnelle
Ai-je droit à une indemnité avec moins de 8 mois d’ancienneté ?
La rupture conventionnelle homologuée prévoit une indemnité spécifique quelle que soit l’ancienneté. Le calcul prorate les mois complets. Vérifiez toutefois la formule du service officiel pour votre situation exacte.
Faut-il retenir les 3 ou les 12 derniers mois ?
Retenez la moyenne la plus avantageuse. Les primes annuelles ou exceptionnelles des trois mois doivent être proratisées. En cas d’arrêt, recherchez la période précédant l’arrêt selon les règles applicables.
Comment connaître mon minimum conventionnel ?
Identifiez l’IDCC sur le bulletin de paie, consultez la convention et vérifiez les catégories, ancienneté et salaire de référence. Le service RH, un représentant du personnel ou un conseiller peut aider.
Le résultat est-il net de cotisations et d’impôt ?
Non. Il s’agit d’un montant brut de plancher. La part nette dépend du régime social et fiscal, des plafonds et du montant total négocié.
Une indemnité plus élevée retarde-t-elle l’ARE ?
La part supra-légale peut générer un différé spécifique selon les règles de France Travail, en plus du délai d’attente et des congés payés. Utilisez le simulateur officiel dédié.
Références
- Service Public. (2026). Rupture conventionnelle d’un salarié du secteur privé.
- Service Public. (2026). Indemnité légale de licenciement : salaire et ancienneté.
- Service Public. (2026). Formulaire officiel de rupture conventionnelle.
- Urssaf. (2026). Régime social des indemnités de rupture conventionnelle.