Calcul des heures supplémentaires : salaire brut et repos
Décomposez une semaine de travail à temps plein en heures normales, premières heures majorées et heures suivantes. Ajoutez le suivi du contingent annuel pour faire apparaître une estimation de la contrepartie obligatoire en repos.
Périmètre retenu
Outil pour un salarié majeur du secteur privé, à temps plein, décompté en heures sur une semaine civile. Il ne convient pas au temps partiel, au forfait annuel en jours, aux cadres dirigeants, à une modulation ou annualisation complexe, ni aux régimes comportant des équivalences. La convention collective, l’accord d’entreprise, le contrat et le bulletin restent prioritaires.
Semaine et règles applicables
Le seuil de 35 h et le contingent de 220 h sont des repères généraux modifiables. Recopiez les règles exactes de votre accord.
—
La logique française en trois niveaux
Durée légale
Dans le cas général, une heure accomplie à la demande de l’employeur au-delà de 35 heures dans la semaine est supplémentaire. Le calcul repose sur le travail effectif.
Majoration
L’accord collectif fixe les taux, au moins à 10 %. Sans disposition, les huit premières heures sont majorées de 25 %, les suivantes de 50 %.
Contingent
Au-delà du contingent annuel applicable, une contrepartie obligatoire en repos s’ajoute. Son niveau dépend notamment de la taille de l’entreprise.
Formules utilisées
Heures supplémentaires = max(0 ; heures effectives − seuil). Première tranche = min(8 ; heures supplémentaires). Tranche suivante = max(0 ; heures supplémentaires − 8). Rémunération = heures × taux horaire × (1 + majoration). Prime de majoration = rémunération supplémentaire − rémunération au taux normal.
Le calculateur ne valorise pas les 35 premières heures : elles appartiennent au salaire de base. Il affiche le montant brut correspondant uniquement aux heures supplémentaires, puis isole la part de majoration pour que la lecture soit contrôlable. Si le salarié reçoit un repos compensateur de remplacement au lieu d’un paiement, la valorisation monétaire n’est pas nécessairement versée ; il faut convertir selon l’accord.
Exemple : 45 heures à 15 € brut
Une semaine de 45 heures dépasse 35 heures de 10 heures. Sans accord différent, les huit premières, de la 36e à la 43e, valent chacune 15 × 1,25 = 18,75 €, soit 150 €. Les deux suivantes valent 15 × 1,50 = 22,50 €, soit 45 €. La rémunération brute des dix heures atteint donc 195 €, dont 150 € au taux normal et 45 € de majoration.
Si 215 heures avaient déjà été décomptées dans l’année et que le contingent applicable était 220 heures, cinq des dix heures de la semaine le dépasseraient. Dans une entreprise de 20 salariés au plus, le repère légal sans disposition plus favorable produit 2 h 30 de contrepartie obligatoire ; au-dessus de 20 salariés, cinq heures. Cette contrepartie s’ajoute au traitement salarial ou au repos de remplacement prévu.
Pourquoi la semaine civile compte
Les heures supplémentaires sont normalement décomptées par semaine civile. Additionner simplement toutes les heures d’un mois et retrancher quatre fois 35 peut être faux : les mois ne correspondent pas à quatre semaines exactes et une semaine peut chevaucher deux bulletins. Le paiement peut alors apparaître sur la paie suivante, tandis que le décompte reste hebdomadaire.
Conservez un relevé quotidien avec horaires de début, fin et pauses. Totalisez le travail effectif du lundi au dimanche selon la règle de l’entreprise. En cas d’aménagement du temps de travail sur plusieurs semaines, le seuil se détermine dans le cadre prévu par l’accord ; le présent calcul hebdomadaire ne doit pas lui être substitué.
Jour férié, congé et absence
Sauf règle conventionnelle ou usage plus favorable, une heure non travaillée en raison d’un congé ou d’un jour férié n’est pas automatiquement du travail effectif pour déclencher des heures supplémentaires. Une personne peut être rémunérée pour 39 heures dans une semaine comportant un jour férié, tout en n’ayant que 32 heures effectives et aucune heure supplémentaire au sens du décompte.
La retenue et la rémunération du jour absent relèvent d’autres règles. Saisissez ici seulement les heures qualifiées de travail effectif après vérification. Les congés payés, la maladie, les astreintes, le temps de déplacement professionnel ou l’habillage demandent une analyse propre au contexte et aux dispositions collectives.
Accord collectif et taux minimum
Un accord d’entreprise, d’établissement ou de branche peut organiser les taux et le repos. Le taux conventionnel ne peut pas être inférieur à 10 %. Le bouton « accord collectif » permet de saisir deux taux, mais il ne détermine pas la bonne tranche à votre place. Certains textes prévoient une autre segmentation que huit heures ; dans ce cas, cette version n’est pas adaptée.
Consultez l’identifiant de convention collective sur le bulletin, la base officielle ou les ressources internes. Un usage, un accord d’entreprise plus favorable ou un contrat peut compléter le cadre. Ne remplacez pas automatiquement 25 % et 50 % par 10 % sous prétexte que ce minimum existe : il faut une disposition applicable.
Repos compensateur de remplacement
La rémunération majorée peut être remplacée, en tout ou partie, par un repos équivalent si le dispositif le prévoit. Une heure qui aurait été payée avec 50 % de majoration correspond alors à 1 h 30 de repos compensateur de remplacement. Ce repos n’est pas la même chose que la contrepartie obligatoire due au-delà du contingent annuel : les deux mécanismes répondent à des fonctions distinctes.
La page calcule un montant brut pour contrôler la valeur de la tranche, puis estime séparément la contrepartie au-delà du contingent. Elle ne transforme pas le paiement en repos de remplacement, car les modalités de choix, de prise et de suivi dépendent de l’accord. Le compteur RH doit distinguer chaque droit.
Contingent annuel et taille de l’entreprise
Le contingent applicable est d’abord celui fixé par une convention ou un accord. À défaut, le repère général est 220 heures par salarié et par an. Toutes les heures au-delà du seuil hebdomadaire ne consomment pas forcément ce compteur dans les mêmes conditions, notamment quand elles ouvrent droit à un repos compensateur de remplacement intégral. Vérifiez la définition utilisée par l’employeur.
Au-delà du contingent, la contrepartie obligatoire est en principe de 50 % pour une entreprise de 20 salariés au plus et de 100 % lorsqu’elle en emploie davantage, sauf dispositions conventionnelles plus importantes. L’outil ne calcule que la part de la semaine qui franchit le seuil, afin d’éviter d’attribuer à nouveau un repos déjà acquis sur les semaines précédentes.
Du brut au bulletin de paie
Le résultat est brut. Il ne prédit ni le net, ni le net imposable, ni les réductions de cotisations, ni l’exonération fiscale de l’année. Ces éléments peuvent changer et dépendent du cumul annuel et du traitement de paie. Comparez les lignes « nombre », « base », « taux » et « montant » du bulletin, ainsi que le compteur de repos.
Une prime fixe n’éteint pas nécessairement le droit aux heures supplémentaires si elle ne rémunère pas explicitement le bon nombre d’heures avec la bonne majoration. En cas d’écart, réunissez les plannings, courriels, relevés d’accès et bulletins, puis demandez une explication écrite. Les représentants du personnel ou un professionnel du droit peuvent aider.
Construire un relevé hebdomadaire vérifiable
Créez une ligne par jour avec l’heure de début, les pauses réellement prises, l’heure de fin et les éventuelles interventions après le départ. Ajoutez la source qui confirme l’horaire : planning, ordre de mission, message, relevé de connexion ou ticket d’intervention. Distinguez présence dans les locaux et travail effectif ; l’attente, l’astreinte ou un déplacement ne reçoivent pas toujours la même qualification.
À la fin de la semaine, totalisez les durées sans arrondir prématurément. Une convention de paie au centième d’heure n’est pas la même chose qu’un affichage en heures et minutes : 1 h 30 vaut 1,5 h, tandis que 1,30 h vaut 1 h 18. Conservez la conversion utilisée et rapprochez le total du bulletin dès sa réception. Une correction demandée rapidement est plus facile à documenter qu’une reconstitution de nombreux mois.
Si l’employeur utilise une badgeuse, demandez l’accès à vos données et signalez les anomalies. Ne modifiez jamais un relevé source pour faire correspondre le calcul : gardez l’original et expliquez séparément les corrections. Le calculateur devient ainsi un outil de contrôle transparent, et non une preuve autonome.
Limites et durées maximales
Un résultat chiffré ne valide pas l’horaire. Les durées maximales quotidiennes et hebdomadaires, les repos, le travail de nuit, la santé et la sécurité doivent aussi être respectés. L’employeur décide ou rend nécessaires les heures ; un salarié ne crée pas librement une créance en travaillant sans cadre, même si la nécessité imposée par les tâches peut être reconnue. Cette page ne tranche aucun litige.
Questions fréquentes sur les heures supplémentaires
Puis-je utiliser l’outil à temps partiel ?
Non. Les heures au-delà du contrat d’un salarié à temps partiel sont des heures complémentaires avec des plafonds et majorations propres.
Pourquoi ne pas calculer sur le total du mois ?
Parce que le décompte ordinaire est hebdomadaire, même lorsqu’une semaine chevauche deux mois.
Mon accord peut-il prévoir 10 % ?
Oui, un accord applicable peut fixer un taux au moins égal à 10 %. Sans disposition, les taux de 25 % puis 50 % s’appliquent.
Le repos au-delà du contingent remplace-t-il la majoration ?
Non. La contrepartie obligatoire s’ajoute ; elle se distingue du repos compensateur qui peut remplacer la rémunération majorée.
Le montant brut affiché est-il le net réellement versé ?
Non. Il s’agit d’un brut avant cotisations et impôt, sans simulation des exonérations ni du cumul fiscal.
Références
- Service-Public.fr. Heures supplémentaires d’un salarié du secteur privé.
- Légifrance. Code du travail : durée légale et heures supplémentaires.
- Service-Public.fr. Durée du travail et limites maximales.